Christophe Pradal

Né à Paris en 1964, Christophe Pradal y vit et y travaille.

Il a étudié les arts plastiques au Centre Saint-Charles (Paris I), puis la peinture au sein de l’académie de Port-Royal, sous l’égide de Jean-Maxime Relange et Claude Schürr.

Il expose ses oeuvres sur papier dans la galerie L’Oeil du Vingtième en 2012, puis en 2014.

Son site personnel.

Christophe Pradal, technique mixte sur papier, 2014
Christophe Pradal, Sans titre, Encre de chine et acrylique sur papier, 2014, 30 x 40 cm.

2012-2014

2009-2011

2004-2008

Son catalogue

christophe pradal, catalogue, oeuvres, 2013

Pour tous les détails, consultez notre page Editions.

Texte de l’exposition d’octobre 2012

Quand Christophe Pradal décrit son œuvre récente comme figurative, il peut surprendre. Lui qui pratiqua longtemps la figuration à sa sortie de l’Académie de Port-Royal, identifie certes un virage dans sa production en 2004, qui l’amène vers les arts graphiques, mais n’y voit pas pour autant un changement de problématique.

Il ne se voit ni tout à fait abstrait (« l’abstraction achevée, c’est une idée, plus de l’art »), ni vraiment contemporain (il se dit plus volontiers moderne) et encore moins conceptuel (« c’est comme la danse, quand on se met à réfléchir, c’est foutu »). Plutôt que d’analyser ses propres œuvres, il préfère évoquer les souvenirs vivaces de leur création.

Il crée dans l’inconfort. Fuyant la paraphrase et les réflexes conditionnés, il fait régulièrement table rase pour réinventer son écriture. Nouveaux supports, nouveaux outils. S’il approfondit quelque chose avec le temps, c’est moins une technique précise (« elles s’apprennent vite ») qu’une gymnastique spirituelle : le lâcher prise.

Dans un tel état de recherche, il produit beaucoup, vite, trie, élimine. Les supports parfois les moins nobles (fonds de cagettes, papier journal) sont considérés dans leur interaction avec divers outils (pastel, encre, acrylique), pour tester leur perméabilité, leur degré d’absorption.

C’est sur le mode de l’accident que surgit l’équilibre d’une œuvre, qui prend indifféremment le nom de mystère, émotion, surprise. La part inconvocable, impossible à circonscrire dans une technique balisée : le mariage miraculeux, en couleurs, en lignes, d’un support et d’un outil.

La beauté de l’œuvre de Christophe Pradal se formule comme un paradoxe. Sentiment mêlé de simplicité extrême et de structuration savante invisible. Alliage étonnant de la légèreté fildefériste et ludique d’un Calder et d’une matérialité dense, opaque (il cite volontiers Eugène Leroy et Bonnard, peintres de la matière et de l’enfouissement).

Graphisme et peinture : les deux dimensions du graphisme s’adossent à une matière qui les cimente ou les absorbe, et ouvre au spectateur une profondeur, des espaces. Et quand il nous invite lui-même à nous y projeter, à y déployer une possible troisième dimension, à laisser libre cours à nos représentations, on comprend ce que son œuvre a de figuratif.

— Paul Calori

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